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Congrès annuel 2018 de pédagogie appliquée aux situations d'urgence

Congrès annuel 2018 de pédagogie appliquée aux situations d'urgence

Sous le titre « Le cercle vicieux du traumatisme – Comment la pédagogie appliquée aux situations d’urgence aide à surmonter des traumatismes transgénérationels », nous concentrerons notre attention, lors de notre prochain congrès annuel, sur les possibilités des actions pédagogiques d’urgence face à des héritages de souffrance… >>

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Dessins d’enfants

Dessins d’enfants. Fenêtres ouvertes sur le monde des forces de vie.

Les dessins d’enfants nous racontent comment l’enfant intègre son corps de manière inconsciente. Dans ce que l’enfant dessine, s’exprime un ressenti de ces forces qui oeuvrent pendant les sept premières années de la vie, s’activant à former et organiser la corporéité.  

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Pédagogie Waldorf

Pédagogie Waldorf à 1900 mètres d’altitude au Kenya

Projet du mois de janvier 2018

A l’extérieur de la ville de Kittale, chef-lieu de circonscription et éloignée de la frontière avec l’Ouganda de seulement 25 kilomètres facilement franchissables, Juliet Mia et quelques collègues ont commencé à installer une école de village. 

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Erziehung

La sympathie seule ne suffit pas pour éduquer

Il était une fois un roi qui aimait tant son fils, le petit prince, qu’il ne pouvait lui refuser aucun souhait. Il lui offrit tout d’abord un magnifique cheval à bascule, puis un poney. Mais le prince en voulait toujours davantage. 

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Erziehungskunst pour des dons

Jardins d’Enfants à travers le monde : Protection et sécurité pour les plus petits

Dans leur appel à dons actuel, les « Freunde der Erziehungskunst » (« Amis de l’Art de l’éducation ») sollicitent des dons en faveur de Jardins d’Enfants qui se trouvent dans des situations d’urgence aigues. Tous se consacrent aux enfants des familles les plus pauvres - ce qui ne serait pas possible sans aides financières. 

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Dans les médias : les enfants et la technologie

"Pourquoi Steve Jobs et Cie ont gardé leurs enfants éloignés des iPads" … >>

Formations pédagogie et développement personnel

Nouveaux cycles de formation à partir d'août et de septembre en Belgique … >>

La sympathie seule ne suffit pas pour éduquer

Contact:

Erziehung

Pour erziehungskunst.de de Kilian Hattstein-Blumenthal, Novembre 2017 

Et c’est ainsi que son père lui offrit de nombreux destriers aux pelages de toutes les couleurs, et à la fin toute l’écurie royale. Ce faisant, le roi observa quelque chose de très curieux : Lui-même se sentait de plus en plus enfant, au fur et à mesure que sa joie à donner et offrir grandissait ! Lorsque le prince souhaita que le roi lui donne le château royal et tout le royaume avec lui, le roi lui abandonna tout sans regret. Dès lors, ce fut le prince qui régna, et le roi se mit à son service avec une joie enfantine. Mais dès le lendemain soir, le roi, tel un enfant dans son jeu enfantin, s’était querellé si amèrement avec le prince, qu’il le tua. - Le plus jeune frère du roi fit arrêter le meurtrier par la garde du palais. Depuis toujours il enviait le roi, et n’avait pas de plus grand souhait au monde que de posséder sa maturité et son pouvoir. Mais maintenant il le vit devant lui, et il reconnut quelqu’un qui ne savait plus s’il était enfant ou adulte. Avant que le portail de la prison ne se referme sur le roi, son jeune frère le serra dans ses bras et lui dit : «J’ai toujours levé les yeux vers toi. Mais pourquoi n’as-tu plus voulu être celui que tu es ?»

Sous la forme du conte, il est possible de pointer le coeur de la problématique actuelle au niveau de la relation entre parents et enfants. Aujourd’hui, les adultes comprennent les enfants beaucoup mieux qu’il y a cent ans. Dans maints endroits, les enfants vivent dans un monde qui leur est très bien adapté. Mais parents et enfants se trouvent pris en une sorte de captivité qui génère des souffrances très profondes, et aux conséquences importantes. Il s’agit d’une sorte de prison dont les murs et les grilles sont curieusement bâtis de sympathie. De quoi s’agit-il ?

Le roi aimerait tellement être aimé du prince, qu’il lui abandonne littéralement absolument tout. Dans leur souhait d’être continuellement liés positivement avec leur enfant, les parents, sans s’en apercevoir, rendent impossible la situation pédagogique dans laquelle ils se trouvent. Ils veulent être «à la même hauteur» que leurs enfants, et considèrent cela comme obligatoire et raisonnable. Mais dès lors qu’ils se raccourcissent de la sorte, ils se placent eux-mêmes dans une position déséquilibrée, qui les rend impuissants. Et qui frustre profondément les enfants, à tel point qu’ils deviennent les «tyrans» que l’on a souvent décrits. Ce qui, d’ailleurs, représente aussi pour les enfants une situation grave et qui n’est en rien adaptée aux besoins de l’enfance.

Posons-nous donc la question : Comment le roi pourrait-il se libérer et cesser d’être captif de sa sympathie, dans laquelle il se rend lui-même impuissant et finalement se précipite, lui et son fils, dans un profond malheur ? «Par ‘sympathie' il nous faut comprendre la force qui fait qu’une configuration d’âme donnée en attire d’autres, avec lesquelles elle cherche à se fondre, et à mettre en valeur la parenté qu’elle ressent pour celles-ci.» C’est en ces termes que Rudolf Steiner décrit la manière d’agir de la sympathie dans sa «Théosophie». Attirance, désir de fusion, «mise en valeur» de la parenté : Il devient clair que la sympathie veut faire disparaître les frontières, et veut instaurer une sorte de commun accord, d’osmose en forme de parenté. Est-ce cela l’idéal pour la relation parents-enfants ? Nous sentons bien que non. Mais pourquoi non ? Dans l’action que la sympathie détermine, la sympathie ne vaut pas seulement pour celui à qui je destine mon action, mais elle vaut aussi pour moi-même. L’action portée par la sympathie me confère un bon sentiment, parce que je fais exactement ce que je considère comme juste. Mais cela est trompeur. Comment puis-je savoir si ce je considère comme bon et juste, est aussi bon et juste pour l’autre ?

Quand l’antipathie aide

La réflexion au sujet de cette question est le premier pas indispensable. Pendant que je réfléchis, je ne peux pas agir. Cela créée un espace, qui s’appelle distance. C’est l’antipathie qui l’ouvre : réfléchir au lieu d’agir, distance au lieu de sympathie. C’est ainsi que je prépare le terrain pour le deuxième pas : une approche intuitive consciente de l’enfant – qui est un autre être humain, très différent de moi-même. Celui que je ne peux pas voir devant moi en discernant clairement sa différence d’avec moi, je ne peux pas le comprendre. Dans ce cas, l’éducation n’a aucune chance. Et la relation peut cruellement échouer, comme cela est montré plus haut avec le roi. Si en tant qu’adulte je ne parviens pas à introduire de l’antipathie dans mon action éducative, sous forme de clarté pragmatique et de distanciation consciente, alors la puissance séductrice de ma sympathie me conduira au désastre. Car elle veut abolir les frontières entre moi et toi. Mais au lieu d’une compréhension illimitée, c’est un champ de ruines composé de malentendus et de déceptions qui s’installera ente les enfants et les adultes.

Une distance bienveillante et amicale, ainsi qu’une conscience claire de son propre rôle sont les conditions préalables pour une action responsable en tant qu’adulte vis à vis des enfants. Pour ce faire, il faut de l’antipathie sous une forme certes adoucie, mais néanmoins capable de clarifier le regard. Mais il est certain qu’une éducation sans sympathie serait une aberration. La sympathie est l’atmosphère qui en premier lieu rend possible toute bonne éducation. Mais il s’agit de connaître très précisément ses effets, et d’en user consciemment. Le piège déterminant de la sympathie par rapport aux enfants peut être formulé ainsi : Ressentir de l’amour, mais pratiquer le « vouloir-être-aimé ». C’est que la sympathie ne peut pas tenir en tant que seul motif d’éducation. Elle ouvre le regard, mais n’est pas en mesure de le diriger. Si l’on veut pouvoir devenir pédagogiquement pertinent, la sympathie doit être complétée par l’antipathie. Elle doit apprendre à écouter, au lieu de désirer. La sympathie canalisée par l’antipathie peut se transformer en empathie, et c’est bien cette dernière qui, enfin, nous ouvre les yeux pour ce dont l’enfant a réellement besoin.

A propos de l’auteur : Kilian Hattstein-Blumenthal est auteur, ainsi que professeur de classe et régisseur à l’Ecole Rudolf Steiner de Berlin.

Littérature : R. Steiner : Théosophie, GA 9, Dornach 1987

 

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