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Dessins d’enfants

Dessins d’enfants. Fenêtres ouvertes sur le monde des forces de vie.

Les dessins d’enfants nous racontent comment l’enfant intègre son corps de manière inconsciente. Dans ce que l’enfant dessine, s’exprime un ressenti de ces forces qui oeuvrent pendant les sept premières années de la vie, s’activant à former et organiser la corporéité.  

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Pédagogie Waldorf

Pédagogie Waldorf à 1900 mètres d’altitude au Kenya

Projet du mois de janvier 2018

A l’extérieur de la ville de Kittale, chef-lieu de circonscription et éloignée de la frontière avec l’Ouganda de seulement 25 kilomètres facilement franchissables, Juliet Mia et quelques collègues ont commencé à installer une école de village. 

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Erziehung

La sympathie seule ne suffit pas pour éduquer

Il était une fois un roi qui aimait tant son fils, le petit prince, qu’il ne pouvait lui refuser aucun souhait. Il lui offrit tout d’abord un magnifique cheval à bascule, puis un poney. Mais le prince en voulait toujours davantage. 

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Erziehungskunst pour des dons

Jardins d’Enfants à travers le monde : Protection et sécurité pour les plus petits

Dans leur appel à dons actuel, les « Freunde der Erziehungskunst » (« Amis de l’Art de l’éducation ») sollicitent des dons en faveur de Jardins d’Enfants qui se trouvent dans des situations d’urgence aigues. Tous se consacrent aux enfants des familles les plus pauvres - ce qui ne serait pas possible sans aides financières. 

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Dans les médias : les enfants et la technologie

"Pourquoi Steve Jobs et Cie ont gardé leurs enfants éloignés des iPads" … >>

Formations pédagogie et développement personnel

Nouveaux cycles de formation à partir d'août et de septembre en Belgique … >>

Interview du Prix Nobel de médecine Thomas Südhof

Le scientifique estime que la pratique des arts chez les jeunes enfants est au moins aussi importante que l’enseignement scientifique … >>

Dessins d’enfants. Fenêtres ouvertes sur le monde des forces de vie.

La réponse se trouve dans l'invisible

Pédagogie Waldorf

 

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Dans le monde entier, les dessins d’enfants se ressemblent (Arno Stern). Ils montrent un langage pictural archétypal, qui n’est le fruit ni d’une éducation ni d’un apprentissage, mais plutôt qui s’écoule du fors intérieur de chaque être humain.  

Dans ces images s’expriment des lois qui sont en relation avec le développement et l’âge de l’enfant. Les forces formatrices travaillent pendant la première septaine à imprégner de part en part le corps physique, et ce processus se fait du haut vers le bas : depuis le système neuro-sensoriel (tête) en passant par le système rythmique (thorax) jusqu’au système métabolique et des membres (ventre, bras et jambes).

Le développement des dessins peut être structuré en trois phases d’activité picturale, en relation avec l’imprégnation formatrice des trois systèmes corporels.

Première phase d’activité picturale : Les forces éthériques comme organisateurs archétypaux de la forme

Durant les trois premières années de vie, les forces éthériques s’activent à l’imprégnation formatrice de la tête et du système neurosensoriel et apparaissent dans les dessins d’enfants en tant qu’élans et tourbillons, qui effleurent puis quittent la feuille en dansant. Durant cette première phase, les enfants sont aussi appelés « danseurs d’espace ». « Ils ne sont pas encore arrivés sur la terre, avec leur être psycho-spirituel ils sont répandus dans l’environnement », écrit Helga Zumpfe dans son ouvrage « Journal quotidien des petits enfants ».

Dans ces premières traces de mouvements, deux formes-archétypes deviennent visibles : la droite et la courbe. Dans son ouvrage « Von der Zeichensprache des kleinen Kindes » (Du langage symbolique des petits enfants), Michaela Strauss parle d’ « éléments de construction des dessins de la petite enfance », qui « s’organisent en tant que forces circulaires, que forces en spirale, et que forces en mouvements montants et descendants. A partir de la force circulaire en spirale se forme le cercle, et du mouvement pendulaire entre haut – bas et droite – gauche résulte la croix. Le cercle « apparaît tout d’abord comme un lien qui se noue avec effort à partir d’une ligne courbe », décrit Margret Constantini dans un autre article de cette revue. La clôture du cercle est un événement marquant, elle est l’expression d’une première perception du Moi. Autour de la troisième année s’accomplit une métamorphose de l’état de conscience, et une première conscience de soi s’éclaire en l’enfant, qui commence à dire « Je » pour se désigner lui-même.

L’enfant ressent le dedans et le dehors, avec le cercle il se sépare de son environnement et marque la frontière entre lui et cet environnement. Ce faisant, un espace intérieur propre à l’âme est créé, à partir duquel l’enfant peut commencer à rencontrer le monde.

La croix apparaît à partir des élans d’un va-et-vient : se trouver et s’orienter dans le monde terrestre. Les mouvements pendulaires se densifient progressivement dans les polarités haut-bas (verticale) et droite-gauche (horizontale). Dans le lien entre ces points cardinaux, les courants de forces s’unissent dans la croix. Ces dessins rendent visibles comment l’enfant passe d’un sentiment de l’espace flottant et en rotation, d’une sous-conscience rêveuse, vers un premier vécu du Je, et comment il trouve une première perception du Je dans le centre de la croix.

Deuxième phase d’activité picturale : Ressentir le corps du dedans et mettre de l’ordre.

La maison – qui apparaît déjà dans le cercle en tant que « maison cosmique sphérique » (Strauss) – est une sorte d’auto-perception de l’enfant. A partir de la forme du cercle, des antennes sensorielles se mettent à pousser : à partir de son corps-maison, l’enfant découvre le monde comme à tâtons. Ces créatures sont nommées « céphalopodes » (têtes dotées de pieds).

Ces « antennes » deviennent rapidement des ébauches de bras, de cheveux, et de jambes, qui au début sont encore tous « plantés » comme des appendices sur la « tête ». Ce n’est que progressivement qu’un corps se formera sous la tête, et que les bras se déplaceront sous le cercle pour se rattacher au corps.

Parallèlement, les mouvements pendulaires font aussi apparaître le " bonhomme de bois », tel que Inge Brochmann le décrit dans l’ouvrage »Die Geheimnisse der Kinderzeichnungen« (les mystères des dessins d’enfants). Les forces de mouvement originelles, qui sont devenues visibles dans le cercle et la croix, sont des forces formatrices cohérentes et porteuses d’ordre ; elles se relient pour configurer la forme humaine et s’expriment dans le fait de ressentir sa propre corporéité. Dans la configuration corporelle du système rythmique, elles se manifestent en tant que formes fluides, circulaires et géométriques. La force du cercle trouve son expression dans des formes dites formes d’organes ou de respiration, « les poumons et le cœur apparaissent en formes rondes, mouvantes et en spirales » (Brochmann) ; le principe de la croix, lui, se montre dans des éléments statiques, géométriques, qui ont à voir avec l’élaboration et le développement de la colonne vertébrale et de tout ce qui, dans le corps, donne tenue et forme à la part fluide et mouvante.

Troisième phase d’activité picturale : Ressentir le corps du dedans et première mise en image (représentation)

Dans la troisième phase picturale, notre « architecte invisible » travaille à imprégner et former les membres et le système métabolique. Les bras, les doigts, les pieds et les jambes sont accentués, et des formes apparaissent, qui rappellent celles des organes du métabolisme.

Les roues ou volants sont une forme d’expression particulière. Ils apparaissent probablement en tant que sensation du plexus solaire. Dans le cas du volant, les rayons sensoriels ne vont pas comme chez le céphalopode vers l’extérieur, mais restent à l’intérieur du cercle : « C’est ainsi qu’ils explorent les sensations de leur propre espace intérieur psychique », hypothèse émise par Zumpfe.

Ce qui est ressenti là serait « un commencement de perception de son propre état de santé (comment je me sens) et le fait d’être lié à sa propre corporéité ». Le sens de la vie, ou sens de notre état d’être, dirige ses fines tentacules sensorielles non plus seulement vers l’environnement, mais aussi vers lui-même. Le plexus solaire (roue – volant) est associé au sens de la vie. Avec le déploiement de la force de représentation intérieure, les images de la fin de la troisième phase picturale sont empreintes de ce que l’enfant perçoit du monde extérieur à l’aide de ses sens. Après l’imprégnation formatrice du corps, une partie des forces éthériques est libérée au profit des forces de pensée, de conscience et de représentation. Le dessin représentatif se renforce dans la production picturale de l’enfant, et le dessin lié à la corporéité et issu des profondeurs inconscientes se tarit. Les personnages, encore « flottants », arrivent maintenant à se poser sur terre, la maison-corps perd son lien étroit avec la corporéité et devient une simple maison, dans laquelle des personnes habitent. Les arbres sont enracinés dans le royaume terrestre et le ciel devient la patrie du soleil, des étoiles et de la lune. Dans les dessins, il se manifeste avec précision jusqu’à quel point l’enfant est arrivé dans le monde terrestre et dans son corps terrestre.

On comprendra aisément qu’un ébranlement de l’état du corps apparaisse dans les dessins ; les forces de vie sont impliquées dans la douleur et dans la guérison.

Les dessins d’enfants donnent un aperçu des processus du vécu de soi et de l’expression de soi. Il est fascinant d’observer plusieurs dessins du même enfant. Ce faisant, le sentiment peut naître que dans ses dessins, en plus du développement corporel, quelque chose d’autre se laisse percevoir, quelque chose qui dépasse sans conteste le ressenti et le vécu du corps physique : « (C’est le fait) … qu’un enfant a des vécus et des rencontres essentielles, des rencontres effectuées d’être à être, que nous, adultes, avons depuis longtemps perdues, mais dont l’enfant veut nous faire part, en paroles ou en images » (Zumpfe 2000).

Les dessins d’enfants, il nous faut les rencontrer avec une attitude intérieure de grande estime, avec l’intuition de ce qui s’y exprime. A partir des profondeurs de sa corporéité, l’enfant s’exprime inconsciemment sur ce qu’il ne peut pas encore comprendre lui-même. Le fait de demander à l’enfant ce qu’il a l’intention de dessiner, n’apporte que perturbations, car la réponse se trouve dans l’invisible, dans ce qui est caché. Ces questionnements ont seulement pour effet de tirer le petit enfant hors de son processus de création inconscient et de le pousser prématurément à la réflexion.

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A propos de l’auteur : Raphaela Tampe est étudiante en dernière année (année de probation) au séminaire d’éducatrices Waldorf à Stuttgart.

Littérature : U. Staudenmaier: Fragen an Kinderzeichnungen (Questions aux dessins d’enfants), in: Erziehungskunst, (10) 2015 | I. Brochmann: Die Geheimnisse der Kinderzeichnungen. Wie können wir sie verstehen? (Les mystères des dessins d’enfants. Comment pouvons-nous les comprendre ?) Stuttgart 2000 | M. Constantini: Kinderzeichnungen, (Dessins d’enfants) Erziehungskunst (12) 2006 |M. Strauss: Von der Zeichensprache des kleinen Kindes. Spuren der Menschwerdung, (Du langage symbolique des petits enfants. Empreintes du développement de l’homme en devenir) Stuttgart 1983 | H. Zumpfe: Aus dem Tagebuch der kleinen Kinder. Ein Blick in die Kleinkindzeichnungen, (Extraits du journal quotidien des petits enfants. Regard sur les dessins des petits enfants) Borchen 2002 | H. Zumpfe: Aus dem Tagebuch der kleinen Kinder. Kinderzeichnungen als Symptome der Entwicklung, (Extraits du journal quotidien des petits enfants. Les dessins d’enfants comme symptômes du développement), in: Erziehungskunst (9) 1999

 

 

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