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La première école Steiner-Waldorf à Athènes sera-t-elle fondée pendant la crise ?

La correspondante de NNA Cornelie Unger-Leistner raconte sa rencontre avec les porteurs d’une initiative dans la capitale grecque

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Source : www.nna-news.org (extrait)

Mercredi soir, un bureau au centre-ville d’Athènes. Michael Tsigotsidès, porte-parole de l’initiative d’Athènes pour une école Steiner-Waldorf, nous montre une carte de l’Europe où sont dispersées des épingles représentant les écoles Steiner-Waldorf du continent. “Nous sommes le seul pays qui n’a pas encore d’école Steiner-Waldorf. Il est temps de commencer” estime Tsigotsidès, qui a travaillé environ 20 ans en tant que professeur des grandes classes en Suède. Il donne également plusieurs cours à Athène pour futurs professeurs Steiner-Waldorf.

L’initiative existe depuis huit ans. Y participent des professeurs, des mamans et un musicien. Les bases pour le projet sont déjà posées : quatre jardins d’enfants Steiner-Waldorf existent à Athènes, et un dans les environs de la ville, chacun composé d’un groupe d’enfants. Trois d’entre eux sont appelés d’après le nom d’arbres grecs : Grenadier, Noyer, Amandier. Le quatrième porte le nom de “Arc-en-ciel”. Ces jardins d’enfants, qui accueillent environ 40 enfants, constituent pour le moment la seule offre de pédagogie Steiner-Waldorf dans le pays.

Premiers pas

Cela devrait changer. L’année dernière, une demande d’autorisation pour la création d’une école primaire puis, plus tard, secondaire, a pour la première fois été déposée auprès du ministère de l’Éducation. D’après le prospectus de l’initiative, l’objectif de cette école est de “donner la possibilité aux enfants et jeunes gens de devenir des citoyens libres et responsables dans la société et dans le monde, par une éducation saine” L’acquisition d’un bâtiment dans la banlieue d’Athènes Várkiza avait été envisagée, le projet est tombé à l'eau suite à un changement législatif. Les porteurs de l’initiative ne se sont pour autant pas découragés.

“Les parents sont déçus par le système scolaire public, et cherchent des alternatives”, estime Elisabeth, une maman Seiner-Waldorf qui participe à l’initiative. Les enfants sont poussés à la performance de plus en plus tôt, mais les parents ne veulent pas se résigner à ce scénario. “De plus, les professeurs n’essaient pas vraiment de motiver les enfants par le contenu de leur enseignement, mais plutôt par les notes, dans la mesure où elles sont une condition pour être admis dans un établissement d’enseignement supérieur. D’après Maria, elle-même enseignante dans le système public, celui-ci n’intègre pas de nouvelles méthodes telles que, par exemple, le travail en équipe. “Là-bas, on critique souvent l’absence d’apprentissage du travail en équipe et certains disent que ce manque de capacités de coopération est l'une des raisons de la crise en Grèce. Le gouvernement ne propose cependant pas de nouvelles perspectives”.

En travaillant avec la pédagogie Steiner-Waldorf, Maria dit s’être rendu compte que cette méthode est plus adaptée aux enfants. “J’étais enseignante, mais je n’étais pas heureuse. J’avais mes techniques, mais je ne savais pas vraiment ce dont les enfants avaient besoin.” D’après elle, être professeur Steiner-Waldorf est plus qu’une simple qualification professionnelle. “C’est une autre façon de voir le monde”, insiste Maria. En face d’elle est assise Sophia. Germaniste, elle peut bien s’envisager future professeur d’allemand à l’école Steiner-Waldorf d’Athènes. Elle soutient les porteurs de l’initiative pour qu’ils continuent à se battre. “Nous devons surmonter les barrières financières et bureaucratiques, et également trouver le bon endroit pour l’école.”

Obstacles

Le lieu initialement envisagé, Várkiza, a été abandonné, car il semblait trop éloigné pour les parents du jardin d’enfants. La question du lieu pour la nouvelle école est l’un des obstacles qu’il faut surmonter pour que le projet puisse voir le jour. L’agglomération d’Athènes, qui compte 3,1 millions d’habitants, est très étendue, et les parents ne sont pas habitués à l’idée que leurs enfants aillent dans une école loin du domicile, explique Michael Tsigotsidès. Ce type de problèmes pratiques montre que l’initiative d’Athènes a besoin du soutien du mouvement international des écoles Steiner-Waldorf et de ses spécialistes de fondation d’écoles.

Le droit grec n’est pas favorable à l’initiative, puisque la Constitution attribue à l’État une responsabilité scolaire exclusive. Les nombreuses écoles privées commerciales doivent suivre de près les programmes scolaires officiels. “Nous avions espéré que des changements se produisent en Grèce sous l’influence de l’Union européenne. Mais les mesures d’austérité imposées ont réduit la marge de manœuvres. En même temps, le gouvernement souhaite un changement et une réforme du système éducatif. C’est contradictoire”, relève Tsigotsidès. De plus, le gouvernement grec a signé la Convention européenne des Droits de l’Homme, selon laquelle les parents sont responsables de l’éducation de leurs enfants, et non l’État, ce qui leur garantit également le droit d’un choix entre plusieurs options pédagogiques. “Notre Constitution est en contradiction avec ces principes, et certains veulent la modifier. Mais ce sont des processus qui prennent du temps, et nous espérons que les institutions européennes permettront d’élargir d’espace de liberté scolaire ici en Grèce.”

Malgré tout, la demande déposée au ministère de l’Éducation l’année dernière est un premier pas important, même si tout a été perturbé par un changement de loi. “Cela signifie une interruption du processus, il faut que nous soyons ouverts aux possibilités qu'il nous reste”, souligne Michael Tsigotsidès. Julia, enseignante spécialisée et co-porteuse de l’initiative, souligne qu’il faut continuer à s’engager pleinement : “Notre vision, c’est qu’il doit y avoir une école Steiner-Waldorf à Athènes, et nous devons faire descendre cette idée sur la terre, la “télécharger”, si vous préférez...” Touchés par cet engagement courageux, des enseignants ont trouvé une idée pour soutenir l’initiative, après en avoir rencontré les porteurs : verser le produit de la vente de jouets fabriqués soi-même sur un marché de Noël suisse.

L’école Steiner-Waldorf en temps de crise

Les restrictions budgétaires, c’est-à-dire principalement les licenciements dans le secteur public, les coupes de salaires et des retraites, ont provoqué des grèves et protestations importantes au sein de le population grecque. De plus, de nombreux électeurs ont donné leur voix au groupe d’extrême droite “Aube dorée” et à la gauche anti-européenne “Syriza”. “Aube dorée”, qui nie l’holocauste et prône une discrimination des minorités et des migrants, a pu ainsi entrer au Parlement grec.

Lors d’une interview, le directeur du Comité des communautés juives de Grèce, Benjamin Albalas, a déclaré être stupéfait de ces résultats électoraux. Pour lui, c’est la crise économique qui est responsable de la montée des néofascistes, mais également les problèmes d’éducation que connaît le pays.

Si l’on prend en compte ce contexte politique et social, le travail des porteurs de l’initiative d’Athènes peut rappeler l’histoire des écoles Steiner-Waldorf, qui sont issues en 1919 de la situation de crise généralisée que connaissait l’Europe au lendemain de la Première Guerre mondiale. “Que peut-on faire face aux urgences de notre époque ?”, s’était anxieusement demandé l’industriel allemand Emil Molt lors d’un voyage en Suisse. Alors qu’il assistait à une conférence donnée par Rudolf Steiner à Dornach, l’idée lui vint de fonder une école qui puisse indiquer un possible chemin pour sortir de la crise, à travers une nouvelle conception de l’éducation.

Contact : waldorf.hellas (arobase) gmail.com

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